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Soutenance de thèse d’Hanna Perekhoda

juin 26 @ 15:0019:00

Le 26 juin 2026, à 15h, Hanna PEREKHODA soutiendra à l’Université de Lausanne sa thèse intitulée « Contested Meanings and Boundaries: Competing Spatial Imaginaries of Ukraine Amidst the Russian Empire’s Collapse ».

Bien que le travail soit rédigé en anglais, la soutenance aura lieu en français.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient y assister à distance, il sera possible de le faire via un lien Teams. Dans ce cas, il suffit d’écrire directement à Hanna Perekhoda à cette adresse : hanna.perekhoda@unil.ch.

Plus d’informations ici: https://www.unil.ch/events/en/1779182707225 

 

Résumé de la thèse:

Cette thèse examine la territorialisation de l’Ukraine et la formation de la frontière russo-ukrainienne entre 1917 et 1923. Elle analyse la manière dont un concept spatial fluide et contesté s’est transformé en une entité territorialement délimitée et politiquement normalisée. À travers le concept d’imaginaire spatial, l’étude montre que les débats sur l’Ukraine engageaient non seulement des visions concurrentes du territoire, mais aussi des conceptions divergentes du temps historique. À la veille de la Révolution, l’imaginaire spatial ukrainien coexistait avec plusieurs cadres rivaux, nationaux et non nationaux. La Révolution transforma ce régime spatial impérial composite en un champ de contestation politique. Pour de nombreux acteurs panrusses, les revendications ukrainiennes menaçaient des projets universalistes articulés à travers l’espace politique et culturel russe, qu’ils soient conservateurs et religieux ou progressistes et séculiers. La thèse montre également que l’Ukraine ne constituait pas initialement une échelle politique intelligible pour les bolcheviks. L’Ukraine soviétique n’émergea que lorsque les projets politiques ukrainiens les contraignirent à s’approprier la forme nationale-territoriale comme instrument de concurrence politique. Cette appropriation demeura toutefois traversée par des tensions, notamment autour du sud industriel, où le régionalisme économique et les représentations bolcheviques de la modernité entraient en conflit avec la catégorisation nationale de l’espace. En 1923, le cadre national-territorial s’était néanmoins imposé. Il émergea à travers de multiples antagonismes croisés : entre la Russie soviétique et ses rivaux internationaux, entre les bolcheviks et les forces politiques ukrainiennes, entre les autorités centrales du parti-État et le sous-centre soviétique ukrainien du pouvoir, ainsi qu’entre les factions concurrentes au sein du Parti bolchevique ukrainien lui-même. La frontière russo-ukrainienne apparaît ainsi comme la trace sédimentée d’un équilibre particulier des forces, produit au cours de l’effondrement de l’empire et de la formation de l’ordre soviétique.

 

Détails

Lieu

  • Université de Lausanne, bâtiment Géopolis, salle 2219
  • Switzerland